Nous sortons avec Mag d'une période de visite intense de nos familles respectives du 15 décembre au 15 janvier. Cela nous a fait bien évidemment très plaisir de voir tout le monde pour les fêtes et de constater que même à 12 000 bornes de Paris, des gens sont encore motivés pour venir nous débusquer, un grand merci à tous ! Les premiers à ouvrir le bal des visites furent les parents de Mag avec qui nous avions convenu de profiter un peu du sud du pays après qu'ils se soient acclimatés quelques jours à Santiago. Au passage, ma chère belle-mère (aka Mamie Tempête) a eu l'élégance d'offrir en avance son cadeau de Noël à Mag, un excellent appareil photo, ce qui nous permettra de saisir quelques moments de ce fort sympathique périple (pour rappel, notre ancien modèle nous avait lâché à l'occasion d'une vidéo d'aviron bayonnais lors du mariage de Carmo et Sandra l'été dernier, sûrement trop d'éthanol et de transpiration dans l'air...).
Histoire de vous situer un peu notre lieu de villégiature, je vous colle une carte détaillée du coin :
Au lieu de plisser les yeux trop forts et vous exploser la cornée, vous pouvez double cliquer sur l'image pour l'agrandir et voir les détails. La région des Lacs est LE lieu de vacances estivales pour les Chiliens avec un bon niveau de vie et se situe entre 500 et 900 kms au sud de Santiago. Le climat y est clément en été (soit de décembre à février 2010) mais très différent de Santiago : ici il pleut souvent et beaucoup !!! (ce qui fait un choc quand on s'est habitué aux 10 jours de pluie/bruime par an de la capitale et son air sec et poussiéreux). Les paysages s'en ressentent, tout est vert, on se croirait parfois en Irlande, sauf que les grands volcans heureusement éteints dans le fond nous rappellent que nous sommes bien au Chili. Votre redoutable sens de l'observation vous aura fait noter qu'il y a une île sur la gauche de la carte, l'île de Chiloé, nous y reviendrons plus tard car nous y avons passé la moitié de notre séjour. Enfin, un petit mot sur les gens, mes collègues m'avaient assuré que les habitants dans le sud étaient adorables par rapport aux Santiaguinos et cela s'est révelé hallucinamment vrai, on est bien loin du stress de la capitale (spéciale dédicace aux anciens de la virée à Papeete !).
Nous sommes arrivés par avion à l'aéroport de Puerto Montt, ville sans intérêt et sans charme mais point de passage critique entre la région des Lacs où se termine la Ruta Cinco (la Panaméricaine qui remonte jusqu'aux US et le Canada, étonamment, elle s'arrête sur l'île de Chiloé...) et le début de la Patagonie où s'engouffre littéralement la Carretera Austral jusqu'à Punta Arenas tout près de l'Antarctique. En bref, on est à la limite de la Patagonie, au dernier avant-poste civilisé avant de se lancer dans le Sud plus sauvage et Guide du Routard friendly. Bon, nous on a le Routard en poche mais on ne prend pas notre pied en dormant dans une tente par -20°C en attendant l'éruption d'un volcan mitoyen, donc on n'est pas allé en Patagonie, on a loué une voiture pour partir vers le nord et les abords du lac Llanquihue (voir carte ci-dessus) et la ville pittoresque de Frutillar qui le borde.
Et là, on a été un peu calmé en arrivant, vu le temps pour le moins variable tendant vers le franchement nuageux qui y sévissait. D'où le running gag lancé par votre serviteur du tacotac : Ca va se lever ! Adage qui fera enrager ma belle-mère quelques jours avant qu'il ne se réalise enfin lors de notre avant-dernier jour sur place, lorsqu'un temps enfin dégagé nous donnera une idée de la beauté des lieux... Jugez plutôt la photo avant et après du lac avec le volcan en arrière plan selon la météo, toi aussi joue à trouver les 59 913 différences entre ces deux photos !
Un petit point Moukipedia en passant sur Frutillar. En arrivant sur le bord du lac, on a l'impression de se retrouver dans un petit village tranquille de Bavière comme le montrer l'architecture des bâtiments et le restaurant où nous avons mangé (le fameux Club Aleman). En fait, le sud du Chili a fait l'objet d'une colonisation tardive pendant la deuxième partie du XIXème siècle et après l'indépendance. Le gouvernement n'était pas trop chaud pour investir massivement donc il a eu une idée fort intéressante : inciter une immigration massive à laquelle ont répondu en force les Allemands puis les Croates dans l'extrême sud. En échange des terres, les colons devaient développer/défricher le coin et accessoirement se débarrasser des derniers indigènes sur place. Les Allemands ont bien évidemment fait le travail et se sont bien adaptés, injectant une bonne dose de leurs valeurs et de leur mode de vie dans la culture chilienne. Par exemple, au Chili, on boit d'excellentes bières, toutes produites dans le Sud du pays, comme par hasard... Je vous laisse apprécier ci-dessous l'architecture typique des lieux .
Enfin, petite note locale. Frutillar devient le temps de 15 jours en été le centre d'un festival de musique renommé dans tout le pays et décuple en population. Nous y étions encore hors saison mais on peut imaginer ce que cela peut donner en pleine manifestation. 2 indices de cet évènement, l'immense auditorium qui donne directement sur le lac et s'inscrit assez bien dans le paysage (contrairement au commentaire dans le Routard, il faudrait un jour qu'ils visitent les villes sur lesquelles ils font des comptes rendus...) et de bien belles sculptures musicales au cœur de la ville.
Alors que le jour tombe (on ne voit pas le soleil derrière les nuages, mais la luminosité baisse), nous nous sommes mis en route pour notre base d'opérations dans la région pour quelques jours, une cabane dans la forêt tenue par des Français adorables chez qui nous avons passé Noël, la suite au prochain épisode !

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