Avant de nous lancer dans la description de nos aventures à l'autre bout du monde, je vais vous faire quelques posts de contexte, car le Chili reste un pays pour le moins (et injustement, nous y reviendrons plus tard) inconnu en Europe Occidentale, à part peut-être les images du Palais de la Moneda pris d'assaut par les troupes de Pinochet... Bref, de quoi vous donnez suffisament de "background" comme disent les Obamaniaques vivant au nord d'ici.
Je vous mets une petite carte pour vous situer ce pays aux dimensions pour le moins singulières : près de 6,000 kms de long sur 130 kms de large en moyenne pour une superficie tout de même avenante selon les standards européens de 760,000 km2 (pour rappel, la France est le plus grand pays de l'Union Européenne avec 550,000 km2). Le Chili ne compte qu'une seule possession notable lointaine, un petit caillou perdu au milieu du Pacifique mais haut lieu touristique connu de tous (hors carte), l'île de Pâques avec sa minuscule capitale de Rapa Nui et ses étranges statues qui se trouve tout de même à 3,000 kms à l'ouest des côtes. Nous nous trouvons à une distance respectable de la France (12,000 kms, 14h de vol en direct depuis Paris) mais aussi de l'Amérique du Nord et des autres pays du continent. La carte de Mercator à laquelle nous sommes habitués rend minuscule l'Amérique du Sud qui y paraît de la même taille que le Groenland alors qu'elle est en réalité neuf fois plus grande ! Quelques ordres de grandeur pour vous donner une idée de l'immensité des lieux à travers les durées de vol en avion : Santiago-Sao Paolo ou Lima (4 heures de vol, l'équivalent de Paris-Moscou), Santiago-Bogota (6 heures de vol, l'équivalent de Paris-New York), Santiago-Buenos Aires (2 heures de vol). Les Chiliens vous diront que nous avons une vue biaisée du monde à travers cette carte conçue pour rendre l'Europe et ses inventeurs plus gros qu'ils ne le sont et ils n'auraient pas tort sur ce tour de passe-passe politique...
Non content de bénéficier d'une minceur et d'une longueur de jambes à faire pâlir la plus skinny des top models actuelles, le Chili est bordé à l'est sur l'ensemble de sa frontière par la Cordillère des Andes, obstacle naturel né de la friction entre les plaques tectoniques du Pacifique et des Amériques. Ce qui veut dire que comme en Californie et plus récemment Haïti, le pays tout entier est une zone sismique qui supporte régulièrement des petites secousses (appelées "temblor" ou frémissement, 2 ressentis par votre humble serviteur depuis presque 2 mois à temps quasi plein sur place) et plus rarement un "terremoto", un véritable tremblement de terre. Le dernier en date date de 1987 autour de Santiago mais n'avait provoqué que des dégâts matériels mineurs et quasiment pas de victimes malgré une intensité de plus de 7 sur l'échelle de Richter. Sur ce point, les Chiliens font très bien les choses, ils ont copié/collé les normes sismiques de construction japonaise et tous les bâtiments respectent un cahier des charges drastique en la matière.
La présence de la Cordillère est omniprésente au Chili et dans l'état d'esprit des Chiliens qui se sentent farouchement différents et isolés des autres pays d'Amérique du Sud (sujet d'un prochain post). La première fois que je suis arrivé au Chili en avion par temps clair, la vue de ces montagnes est incroyable (un peu gâché par les fortes turbulences qui accompagnent souvent ce dernier tronçon du vol). Les plus hauts sommets culminent à près de 7,000 mètres. La ville de Santiago est nichée contre cette formidable barrière et donne un cachet certain au site, même si l'enclavement ainsi créé favorise un smog tenace qui fait de la ville une des polluées du continent...
L'autre gros avantage de la Cordillère des Andes, outre le fait de fournir des pistes de ski pendant l'hiver austral (pic de la saison en juillet/août), ce sont les immenses richesses minières qu'elle recèle, dont le cuivre est la première et la plus importante dans le nord du pays (le Chili assure près de 60% de la production mondiale du "métal rouge"). Ceci explique aussi notre présence sur place, mon employeur étant le premier consommateur de cuivre industriel du monde, ce métal étant le meilleur conducteur connu à ce jour et massivement utilisé pour la production des câbles de tous genres.
Une telle géographie sous-entend une climatologie pour le moins variée... Ainsi au nord le climat est désertique et sec dans la région de l'Atacama (là où est encore passé le Dakar cette année). Vers le centre du pays où se trouve la majeure partie de la population du pays entre Valparaiso et la "Region Metropolitana" de Santiago de Chile (en espagnol, Saint-Jacques du Chili), le climat est méditerranéen. C'est d'ailleurs là où se trouve l'essentiel de la production viticole et de fruits/légumes du pays. Vers le sud, à partir de Concepcion, le climat devient plus frais et pluvieux pour devenir franchement froid et même arctique à l'approche de la Patagonie et de son unique grande ville, Punta Arenas et ses fameuses colonies de manchots a la Isla Magdalena. Une petite dernière précision qui a son importance : nous sommes bel et bien dans l'hémisphère sud (les Chiliens font un T-shirt pour les touristes qui dit "Chile : Sur del mundo", résumant très bien cet état d'esprit). Outre l'effet de Coriolis (si je me souviens bien) qui fait que l'eau tourne en sens inverse dans les éviers qu'en Europe (j'ai fait l'expérience mais n'ai pas réussi à créer un tourbillon conséquent pour me rendre compte de l'effet...), les saisons sont aussi à l'envers. Février est la période des vacances d'été, la rentrée scolaire est en mars, les vacances de ski se prennent en juillet/août ! Ce qui fait qu'en arrivant ici début janvier 2010, nous béneficions d'un deuxième été pour le prix d'un la même année, ce qui n'est pas pour déplaire à Magali. Ce qui est sûr c'est qu'en termes d'ensoleillement, cela ne sera pas pire qu'à Paris.
Voilà donc un premier aperçu géographique du pays, on vous enverra des photos des lieux visités sur place dans les semaines et mois à venir pour vous donner une meilleure idée de la beauté des lieux !

PREEEEEEUUUUUUMS!
RépondreSupprimerBon bien content d'avoir de vos nouvelles.
Question pour les gens qui comme nous habitent dans des endroits d'ou le froid est banni: la ou vous etes, en hiver, donc en ete pour les gens dans le bon hemisphere, il fait froid froid ou bien ca va? C'est important pour choisir les dates ou on va venir vous voir :)
Ju et Caro
DEUZZZZZZZZZ
RépondreSupprimertout ca paske moi je bosse!!
Y'a tout un episode de "The West Wing" sur cette histoire de carte Mercator. A l'epoque c'etait pratique pour mieux mapper les routes maritimes (principalement dans l'hemisphere Nord).
bises +++
Excellent, on attend la suite des aventures :)
RépondreSupprimerBises
Thibaut
Merci ! Sympa de voyager par blog interposé dans ce pays unijambiste et parkingsonnien ;-)
RépondreSupprimerMoi je connaissais du Chili, le vin, la tête en bas de mafalda qui est argentine, donc voisine, et le premier 11 septembre, donc bien peu...
Bises à tous les 2, bonne adpatation, et hasta lueguito !
Claire
Au bloggeur...Il est chouette votre post, Môssieu, on apprend tellement de choses ;)
RépondreSupprimerMerci à tous les commentaires gentils et de grosses bises la tête en bas.